Article sur les effets cardiovasculaire de la pollution de l’air

Nous avons publié un article dans la prestigieuse revue scientifique “Archives of Cardiovascular Disease“, dont voici un résumé :


La pollution de l’air ambiant est composée de matières particulaires (PM) et de gaz tels que le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone. Les particules (PM) sont classées suivant leur taille en particule dites « grossières » (PM10), particules fines (PM2,5) et ultrafines (UFP). Nous présentons une revue originale traitant à la fois des données épidémiologiques et expérimentales des effets cardiovasculaires de la pollution atmosphérique. Les méta-analyses sur l’exposition à long terme rapportent une augmentation moyenne de 11 % de la mortalité cardiovasculaire pour une augmentation annuelle de 10µg/m 3 en PM2,5 . La mortalité cardiovasculaire est également augmentée pour des expositions à long et court terme au NO2. La pollution de l’air et l’exposition au trafic routier augmentent le risque d’artériosclérose comme en témoigne l’apparition plus précoce de calcifications aortiques et coronaires. Des changements aigus de la qualité de l’air sont également associés à un excès de risque d’infarctus myocardique, d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance cardiaque aiguë. Cet excès de risques s’observe pour des niveaux de pollution restant inférieurs aux normes européennes. Le niveau de preuve issu des études épidémiologiques est renforcé par de nombreuses études expérimentales. L’exposition aux particules fines génère un stress oxydatif vasculaire systémique. Les radicaux libres induisent une dysfonction endothéliale, une activation des monocytes et un profil proathérogène des lipoprotéines. De plus, la pollution de l’air induit des réactions thrombotiques via une augmentation des facteurs de coagulations et de l’activation plaquettaire. Enfin, ces études suggèrent que les PM 2,5 et UFP issues de processus de combustion sont plus nocives pour le système cardiovasculaire. La pollution de l’air joue un rôle indubitable dans les maladies cardiovasculaires et constitue désormais l’un des prochains défis de la prévention cardiovasculaire.

 

 

Les signataires de l’article sont : Thomas Bourdrel (Strasbourg), Marie-Abèle Bind (Cambridge, Etats-Unis), Yannick Béjot (Dijon), Olivier Morel (Strasbourg) et Jean-François Argacha (Jette, Belgique)


Vous trouverez l’article sur le site officiel du magazine ici, et le PDF sur notre page ici.