Appel au président Emmanuel Macron

Monsieur le Président, le 12 juin 2018 nous vous adressions par courrier une tribune cosignée par plus de 100 médecins strasbourgeois, tribune  adressée également au ministère de la transition écologique et au ministère de la Santé. Comme notre lettre est restée lettre morte, nous profitons de votre venue à Strasbourg pour réitérer notre appel en espérant que vous en saisirez cette fois-ci l’urgence. 
 
Voici en résumé nos principales exigences:
 
  •  “Des aides revues à la hausse et proportionnelles aux revenus pour sortir rapidement les diesels des centres-villes”. Dans ce cadre, la hausse des taxes sur le diesel est une bonne chose, mais l’argent récolté par cette taxe – ainsi que par la vente des vignettes crit’Air – doit impérativement être réinjecté au profit de la lutte contre la pollution de l’air notamment via une aide financière plus conséquente au changement de véhicule diesel pour les ménages les plus modestes. Cet argent devrait permettre également un plan d’aide exceptionnel aux transports en commun dans toutes les villes et zones concernées par les dépassements des normes européennes. Nous demandons également l’abandon de projet autoroutier tel que le grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. L’investissement par l’Etat de milliards d’euros dans de nouvelles routes telles que le GCO est un contresens et un signal absurde dans un contexte où  la  pollution de l’air et le climat font figure de priorités absolues. Concernant le GCO, il n’y a actuellement plus aucun doute – tant au niveau des élus que des experts ainsi que des médecins – que le grand contournement ouest tel qu’il est actuellement prévu ne résoudra ni le problème de la pollution à Strasbourg ni celui du trafic.

 

  • Nous demandons également que l’impact sanitaire soit le premier indicateur pris en compte lors de tout nouveau projet afin d’en finir avec les encouragements aux industries polluantes telles que l’industrie du diesel et les incinérateurs. Il est urgent également que la pollution de l’air figure – comme le tabac et l’alcool – dans le champ d’action prioritaire du ministère de la santé et cesse d’être l’apanage des ministères de la transition écologique, ce qui a abouti par le passé à de nombreuses incohérences. On rappellera que l’ADEME – organisme sous l’égide du  ministère de la transition écologique – a élu une Smart diesel voiture écologique de l’année durant les années 2000. Cette incohérence sanitaire continue lorsque l’on voit que l’ADEME et le ministère de la transition écologique continuent à promouvoir le chauffage au bois et la production d’énergie par incinération de déchets qui sont pourtant extrêmement polluants en termes d’oxydes d’azote et de particules fines de combustion (particules les plus nocives – au même titre que les particules diesel – car recouvertes à leur surface de métaux lourds et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes). Nous avons récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’usine Blue Paper à Strasbourg qui va multiplier ses émissions de polluants par 2 en remplaçant des chaudières à gaz par des incinérateurs de déchets, et ce avec l’encouragement et les félicitations de l’ADEME ! Il est donc plus urgent que ces incohérences mettant en danger la santé des habitants cessent, et que toute problématique en lien avec la pollution de l’air (et de l’eau) soit traitée conjointement (voire exclusivement)  par le ministère de la Santé.
 
Les médecins du Collectif Strasbourg respire
 
Texte également publié dans les DNA du 02 novembre 2018.